lunes, 15 de octubre de 2012

L´Union Europeénne, Prix Nobel de la Paix

Tu peut lire cet article et, en plus,  regarder la vidéo du Le Monde dont le titre est: "Les grandes étapes de la construction européenne"

Un prix Nobel de la paix amplement mérité.
LE MONDE | 13-10-2.012.


En ces temps de défaitisme européen, l'attribution du prix Nobel de la paix à l'Union européenne (UE) doit être accueilli avec joie. Il s'agit d'une reconnaissance pour le chemin parcouru et d'un encouragement pour l'avenir.

C'est un projet politique que salue le Comité Nobel. L'Europe n'est pas la somme de ses graves difficultés économiques de l'heure. Elle est une volonté politique, celle de fonder la paix sur une communauté de valeurs qui ne nie pas les nations mais les sublime.

Le chemin est difficile. Le Monde le sait. Il a soutenu de manière indéfectible la construction européenne depuis son lancement, lors de la déclaration Schuman, le 9 mai 1950, qui proposait la mise en commun du charbon et de l'acier. Décelant "une proposition révolutionnaire", Le Monde a salué le lendemain "une contribution qui pourrait être décisive pour la cause de l'union européenne et de la paix"

Cette initiative a offert au Vieux Continent  soixante années de prospérité et de paix. Celles-ci ont aussi été assurées grâce à la protection de l'OTAN et aux aides américaines. Mais rien n'eût été possible sans la réconciliation franco-allemande. L'entente entre Paris et Berlin est laborieuse, rugueuse, comme en témoigne l'échec de la fusion entre les groupes aéronautique EADS et British Aerospace. Mais elle est fondatrice, indispensable.

L'Union européenne a survécu à la chute du mur de Berlin, traumatisme mal avoué pour les Français, qui voyaient dans l'UE une France en grand. Entre-temps, l'élargissement aux pays de l'Est est intervenu. Il est un succès, comme en témoigne le décollage économique de la Pologne. Il existe certes de sérieuses menaces antidémocratiques en Hongrie et en Roumanie, mais la situation y serait plus délétère encore si ces pays étaient restés aux marges de l'UE.

Reste l'euro. Le Monde a défendu le "oui" au traité de Maastricht en 1992. Il le referait aujourd'hui. Sans états d'âme. Là encore, le projet était politique. Le traité était incomplet, la monnaie unique comportait de graves failles de construction. Ces défauts sont en passe d'être corrigés.

L'UE reçoit un prix Nobel de la "paix intérieure". Impuissante lorsque éclate la guerre en Yougoslavie, elle n'a pas su devenir une force extérieure singulière. Entité commerciale internationale, elle n'existe pas militairement, diplomatiquement, bref politiquement - autrement que par l'exemple qu'elle donne. L'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit demande l'attribution à l'UE d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Illusoire : le pacifisme allemand est inconciliable avec les velléités de puissance britanniques ou françaises.

Le choix du comité pose à l'Europe une grave question : nul ne sait qui, du président de la Commission, José Manuel Barroso, ou du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, prononcera le discours du récipiendaire. Peut-être serait-il temps, enfin, de fusionner ces fonctions. L'Europe aurait aussi un visage.

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